Transfusion sanguine : la réticence des Camerounais inquiète

Avec une des besoins annuels estimés à 400 mille poches, le refus de certaines personnes à faire don spontanément de leur sang préoccupe de plus en plus.

L’on parle de crise de sang ou de pénurie de sang. La situation devient de plus en plus profonde et compliquée dans es hôpitaux du Cameroun. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le Cameroun fait partie des 79 pays en voie de développement où le nombre de dons de sang est inférieur à 10 pour 1000 habitants. Etant donné que les besoins annuels du Cameroun sont estimés à 400 000 poches de sang, aujourd’hui on se retrouve avec un déficit de 300 000 poches de sang.

D’après une étude sociologique réalisée en 2017 par la société française de transfusion sanguine en collaboration avec le programme national de transfusion sanguine (Pnts), plusieurs freins expliquent cette crise de sang dans les hôpitaux. Parmi ceux-ci, il y a le manque de volonté politique, l’ignorance du public en matière de don de sang et les barrières culturelles et religieuses. Pour Adeline, étudiante, le don de sang est assimilable à la transmission des péchés à autrui. «Si je donne mon sang, je vais transmettre des péchés ou alors on va se livrer à des pratiques ésotériques avec mon sang», soutient-elle. Voilà ce qu’on entend de la part de certaines personnes.

Pour Noah Owona, médecin et secrétaire permanent du Pnts, le nouveau système en vigueur à la banque de sang heurte énormément. En fait, le prix de la poche varie entre 15 000Fcfa et 25 000Fcfa ; mais selon certains garde-malades rencontrés dans les hôpitaux, les prix sont supérieurs à ce barème et peuvent atteindre 100 000 Fcfa la poche en fonction des spécificités du sang requis.

A cause de ces carences en sang dans les banques de sang, certains hôpitaux sont parfois obligés d’orienter le malade ailleurs, comme on l’a vécu il y a peu à l’hôpital général de Yaoundé. Une femme, sévèrement anémiée, a été transférée ailleurs. Elle avait besoin de trois poches de sang, mais seule une poche était compatible. Outre ces éléments, les établissements médicaux ont très souvent recours à des transfusions sanguines pour des opérations chirurgicales et des accouchements. Mais malheureusement c’est parfois difficile de ce coté pour sauver les vies de leurs patients parce qu’ils manquent encore beaucoup de donneurs pour approvisionner les stocks de produits.

«On espère que le comité national de transfusion sanguine du Cameroun qui a signé un partenariat avec l’établissement français de sang et expertise-France pour la mise en place du cadre institutionnel et technique de la transfusion sanguine et avancer dans le recrutement des donneurs viendra résoudre ce problème parce que l’heure est grave», poursuit une garde-malade.

 

«Ma fille était malade et avait besoin de sang, raconte Thérèse. A l’hôpital, on nous a dit qu’il y avait rupture de sang j’étais obligée défaire venir mes gens pour en donner ; pourtant ma fille faisait toujours des dons de sang pour aider les malades ; mais à son tour, pour lui en donner, c ’était très difficile et c’est ainsi qu’elle a rendu l’âme parce qu’on n ‘a pas pu avoir de donneurs à temps. Il fallait tenir compte de tous les critères avant de faire un don ; malheureusement, il était trop tard ; ma pauvre fille n ‘a pas pu résister. Elle est morte», raconte-t-elle les yeux pleins de larmes.

 

par L’Anecdote n°1158

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