Spectacle : Henri Dikonguè sème le coronavirus

A  l’occasion de ses 25 ans de carrière, l’artiste s’est produit en spectacle le 12 février à Douala dans une salle sans aucune restriction barrière.

Il est 20 heures. La salle de spectacle de l’hôtel La Falaise Diamond, est archicomble. Ponctuels. De nombreux spectateurs et fans d’Henri Dikonguè ne veulent pas rater un seul instant de scène de leur idole. Surtout en cette célébration de ses 25 ans de carrière.  Une reconnaissance. Voire une manière pour plusieurs d’entre eux de rendre l’ascenseur à celui qui a bercé, par ses mélodies, leur enfance et une partie de leur vie adulte. Des liens et souvenirs avec l’artiste sont intenses! Le public exulte dès son apparition sur scène. Henri, zen comme d’habitude,  le leur rend à sa manière, par des sonorités bien connues de son répertoire. Youyous et cris de joies l’accompagnent à chaque mélodie prisée des spectateurs. Tout se présente comme si nous étions dans une situation normale.

Plusieurs personnes arborant  leurs masques viennent nous rappeler tout de même que nous sommes dans un contexte particulier. Déjà, à l’entrée, le vigile a l’air plutôt rigoureux. Pas d’accès à la salle sans ticket ni cache-nez. Cette rigueur apparente contraste  cependant avec le désordre et la cupidité des organisateurs.

Plus de billets vendus que le nombre de places prévues. A peine qu’on peut circuler  dans la salle de spectacle, pas déjà conçue pour en être une. Du coup, on se pose toujours des questions de savoir pourquoi les proprios ne conçoivent-ils pas de sortes d’estrades démontables pour la circonstance pour mettre tous les spectateurs à l’aise.  

Conditions inconcevables

Par-dessus tout, alors que les spectateurs à l’intérieur se sentent déjà étouffés, d’autres continuent  à arriver avec  leur ticket en main. Ils viennent s’ajouter à ceux ayant déjà  pris place dans la salle dans de conditions inconcevables. Des voix s’élèvent. Pas mal de personnes ayant acheté leur place sont debout. Beaucoup ne digère pas le traitement qui leur est réservé. Les organisateurs les rassurent. Des chaises supplémentaires sont posées sur les couleurs et sur les espaces pouvant servir de circulation.  Au mépris de toutes les mesures barrières et de la santé de tous ceux qui ont déboursé leur argent pour assister à ce spectacle. Et ce,  malgré le spectre de la pandémie qui plane toujours avec la menace de la deuxième vague de contamination qui défraye la chronique dans le pays et pour laquelle quelques morts sont déjà enregistrés.

Un défaut propre aux organisateurs des spectacles au Cameroun plus portés par le  gain qu’au respect de la capacité des lieux de prestation, du confort et de  la vie des spectateurs. Surtout dans ce cas précis où règne encore la pandémie du coronavirus.

Nous dira-t-on en quoi l’artiste appelé juste pour prester est-il concerné ? On aurait pu nous même nous poser cette question. Seulement, elle présenterait aux yeux du monde notre naïveté. Car, en acceptant jouer dans de telles conditions dans un endroit fermé, l’artiste s’expose lui-même à des risques de contamination au virus. De surcroît, à la contamination de ses fans qui ont fait le déplacement. Il en va donc de sa santé et  son image. Raison pour laquelle son manager devait être exigeant et veiller au respect de certaines clauses lors de la signature du contrat. Mais dit-on, nous sommes au Cameroun. Atchoum !

Félix Epée

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *