Spectacle : Céline Banza conquiert le public camerounais.

La lauréate du Prix Découvertes Rfi 2019 a séduit par son talent de nombreux mélomanes au cours de son concert donné le 1er avril 2021 à l’Institut Français de Douala.

Canular ? La date calée pour le premier spectacle de Céline Banza à Douala laisse cours à plusieurs interprétations. Elle  coïncide un 1er avril,  journée traditionnelle de plaisanterie. Plusieurs abonnés suspectent un sale coup de l’Institut Français du Cameroun. Il n’en est rien. Les réservations se font en bonne et due forme. Elles affichent d’ailleurs complet pour le spectacle de Douala. Ainsi que celui de Yaoundé prévu le jour d’après.

L’autre  appréhension vient cependant d’une menace d’annulation du spectacle.  De nombreux événements culturels l’ont déjà  été ces dernières semaines par les autorités de la ville et au niveau national à cause de la persévérance de la pandémie du Covid 19. Avec  la deuxième vague de contamination plus  virulente, des mesures plus draconiennes ont été imposées.  Heureusement. L’Institut Français du Cameroun, organisateur  de ce spectacle, échappe à cette sentence ultime. Les restrictions barrières seront néanmoins renforcées à cette occasion. Sur 225 places que compte la salle de spectacle de Douala à peine 50 sont occupées.

Céline est aux anges. Elle a eu une peur bleue de ne pouvoir réaliser un de ses rêves d’enfance. Jouer en terre camerounaise. De surcroît, « sur une grande scène ».  Et dans ce pays dont quelques sonorités ont bercé son enfance. 

Entre deux chansons « Mbigwe » et « Mbindo Yemo » jouées à l’ouverture du spectacle, en ngwandi, une des multiples langues locales de la Rdc,  la jeune chanteuse congolaise  remercie  Samuel Pasquier,  Directeur de l’antenne de Douala de l’Institut Français du Cameroun. Le patron des lieux, précédemment en poste à Kinshasa, est de beaucoup dans l’impulsion de sa carrière. « Il a cru en moi et m’a donné la chance de m’exprimer et de grandir artistiquement », déclare-t-elle. 

Slow, ballade, rumba, rap,  plusieurs autres genres et sonorités  musicaux, feront partis du répertoire que va dérouler l’artiste. Celui de son tout premier album « Praefatio ». Un clin d’œil  est fait au public camerounais à travers la chanson « Zingo », le courage. Elle est jumelée à «  Elimba »  qui reprend en partie un refrain de « Elimb’à dikalo », un air bien connu du célèbre artiste camerounais Eboa Lottin. Céline invite le public à se lever et à danser. La communion est parfaite. Applaudissements dans la salle. L’artiste captive l’assistance. Avec  sa voix fluette, la guitare en bandoulière, elle poursuit  avec « Tere Mbi ». Titre qui fait d’elle la lauréate du Prix Découvertes Rfi 2019. L’influenceuse de l’Unicef sur les questions féminines  en matière genre épilogue sur le corps de la femme. « Les hommes ne le voient pas au-delà  et les femmes elles-mêmes ne parviennent pas à se donner une image différente », lance-t-elle.

La chanteuse enchaîne avec « Is it love ». Un questionnement sur l’amour des humains à l’endroit de leurs semblables.  Le public est entre réflexion et divertissement. Emporté par de belles mélodies.  Un hommage est rendu par la suite à son père avec  le titre « Mbi Yemo ». Seul soutien de sa carrière dans sa famille, parti malheureusement très tôt  et dont l’image d’une guitare offerte  dans son jeune âge, la suit interminablement sur les podiums lors de ses différentes prestations. Effaçant de la même manière les souvenirs d’une enfance difficile.

Youssoufa, son producteur, aura les mêmes honneurs. « Départ », chanson faite en featuring avec le seigneur du rap congolais, est interprétée pour la circonstance. Céline, en l’absence de son mentor, s’essaye dans ce style de chant aux paroles scandées sur un rythme très martelé. La note est plutôt bonne. Salves ovations du public. Stupéfait par la polyvalence dont fait montre la lauréate du Prix Découvertes Rfi. Ça saute aux yeux. Elle ne l’a pas volé. « C’est le fruit de longues années de travail », nous dira-t-elle. S’en suivra « Sur le pavé », une lyrique en souvenirs en cette période enfantine et immature  où l’artiste était seule face à son destin.

Il est à peu près 21 heures quand l’aventure tire vers sa fin. L’artiste, une fois de plus, invite le public à se lever et à  danser sur les airs  de « Legigi No gbi ». Une chanson cadencée au rythme traditionnel de son pays. Ses trois musiciens, Timba Mayenga alias Derrick,  le batteur,  Jeff Kikassa, le guitariste et Jonathan Putulukesi, le bassiste, se mettront en exergue avec leurs instruments, esquissant, pour les deux derniers, des pas de danse dans des démonstrations  spectaculaires.

Ces  habitués des scènes camerounaises sont plus que des poissons dans l’eau. Céline est entraînée dans cette mouvance. L’ambiance est électrique. Le partage et sa toute première rencontre avec le public camerounais sont plus que chaleureux.  Ce dernier a du mal de s’en séparer. Il  en demande encore. Y comprend-elle quelque chose dans cet engouement? « Rien de surprenant. La musique  en Afrique est partout la même », nous confie la chanteuse congolaise. Et elle produit le même effet quand elle est bien synchronisée et harmonisée. C’est sur cette bonne note que se termine le spectacle de cette jeune  artiste encore à l’aurore de sa carrière qui s’annonce assez bien prometteuse.

Félix EPEE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *