Reflets : L’art du portrait en exposition à l’Ifc de Douala.

L’Institut français de Douala accueille  depuis le 04 juin 2021 les travaux de sept artistes  plasticiens camerounais, produits de nos institutions académiques locales d’art.

Jules Disso, Dieudonné Djiela, Daniel Onguene, Ernest Dizombe, Jean David Nkot, Marcel Tchopwe et Alida Ymele, présentent, depuis quelques jours,  leurs travaux au public de la capitale économique.  Les  tableaux de plusieurs dimensions allant du petit format (50x40cm) au plus grand (130x110cm)  accrochés sur les murs de la salle du rez-de-chaussée attenante à celle de spectacle de l’IFC de Douala attirent le regard  dès l’entrée par leurs illustrations.

Des portraits en majorité, faits en dessins et  peintures, sortis pour la première fois de Hive Studio, atelier réunissant un groupe d’artistes au discours variés mais aux intérêts communs sur lesquels on peut apercevoir des jeux  de couleurs qui rappellent des scènes de vie quotidienne et des faits de société.  « Reflets » de notre environnement  et des influences multiples   qui émettent des questionnements  sur l’humain dans sa complexité, tel que dit dans  la présentation de l’exposition par Patrick Ngouana, son commissaire.

On est ainsi face à des problématiques sur la liberté, exprimés par l’artiste Jules Disso dont des tableaux  font un retour sur nos vies d’enfance et rappellent les jeux d’hélices dont le matériel est tiré des feuilles de manguiers et de la nature. De même pour d’autres jeux similaires  effectués par cette tranche d’âge qui laissent transparaître leur côté imaginaire et leur volonté sans limite de s’exprimer. Ce discours, fait de métaphores et de couleurs,   transparaît dans plusieurs autres travaux sur la maternité, l’hérédité, la résilience ainsi que sur d’autres sujets qui traduisent le niveau de perception artistique du monde des exposants.

L’autre partie de l’expo qui suscite la curiosité des visiteurs met en avant, quant à elle,  des scènes d’exploitation et d’oppression d’une société de consommation où  le capitalisme règne en maître. Elles sont incarnées par « le transfert de rêve » de Marcel Tchopwe,  peinture d’un call-boxeur ambulant travaillant péniblement pour enrichir les multinationales de téléphonie. Idem pour « La femme de ménage » d’Alida Ymele  qui ressort l’exploitation de l’homme par ses semblables, l’effort et les difficultés rencontrées au quotidien par certaines personnes pour joindre les deux bouts. Une perception qui épouse l’installation de Jean David Nkot faite à base de sacs d’emballages plastiques utilisés dans les bananeraies entassés au-dessus des palettes, soutenues par des alvéoles d’œuf vides posés à même le sol qui  présente l’immensité du travail abattu dans les plantations  parfois sans rémunération conséquente.

 

19 œuvres d’art au total dont le travail alterne entre l’acrylique sur toile, la technique mixte  et les graffitis au stylo à bille. Avec un rapport très fort au portrait  et au  figuratif qui donne du plaisir à regarder. Cependant, si cette exposition peut être appréciée dans sa globalité, elle laisse très peu de place à l’émerveillement.

A  l’exception du « Young in the box 1,2,3 »  de Marcel Tchope , des graffitis au stylo à bille réalisés sur des morceaux de carton qui  frappent par leur originalité et créativité. Une sympathie observée par le public à l’endroit des œuvres de cet artiste  qui n’enlève en rien de sa qualité à cette exposition collective dans son entièreté. Expo qui a la particularité d’être portée par les artistes, tous  moulés au sein des institutions académiques d’art de notre pays  . Encore en cours jusqu’au 31 juillet 2021, elle mérite d’être visitée.

Félix ÉPÉE.

 

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