Mali : Un opposant accusé de vouloir déstabiliser la transition aux arrêts.

Issa Kaou Djim a été arrêté  et placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Bamako le 26 octobre dernier pour propos subversifs à l’endroit des autorités de la transition, incitation à la désobéissance civile et troubles à l’ordre public.

 Ce qui était considéré comme une rumeur, s’est confirmé le mardi 26 octobre, le Président du parti Appel Citoyen pour la Réussite de la Transition(ACRT) et 4ème Vice-président du Conseil National de la Transition(CNT), Issa Kaou Djim a été interpellé et placé en garde à vue au Camp 1 pour « propos subversifs ». 24 heures après, il a été placé sous mandat de dépôt à la Maison centrale d’arrêt de Bamako par le Tribunal de la Grande Instance de la Commune 4 du District de Bamako. Le vendredi 29 octobre, il a comparu dans l’après-midi devant ledit tribunal pour répondre de ses charges : atteinte au crédit de l’Etat ou Institutions, incitation à la désobéissance civile et aux troubles à l’ordre public.

Cette arrestation d’Issa Kaou Djim intervient en un moment opportun, car de nombreux maliens se plaignaient de ses sorties sur les réseaux sociaux ou il proférait des mots outrageants envers le Premier ministre Choguel Kokalla Maiga et son gouvernement.  Surnommé le « hibou », Monsieur Issa Kaou Djim se distingue des autres hommes politiques par ses tons souvent trop menaçants envers ses adversaires. Simple animateur d’une radio islamique, il a forgé sa popularité à la faveur du soulèvement populaire de 2020 contre le régime d’IBK ou il militait au sein du M5-RFP. Il a beaucoup contribué au départ du régime d’IBK par ses interventions et ses mots  harangueurs qui poussaient souvent le grand public à la révolte et à la casse. Depuis sa nomination au sein du CNT,  son sport favori a été d’être permanemment sur les réseaux sociaux pour se prononcer sur les sujets d’actualités. Et à ces occasions, il ne se privait pas de critiquer vertement les décisions des autorités en place. Bah N’Daw et Moctar Ouane ont été ses premiers trophées de guerre de ses sorties sur les réseaux sociaux, car ces derniers ont été renversés. La nomination de Dr Choguel Kokalla Maïga à la Primature fut une opportunité pour lui à changer de fusil d’épaule, afin de tirer à boulets rouges sur son compagnon de lutte.

Que reproche-t-on à Issa Kaou Djim ?

Le président du parti Appel Citoyen pour la Réussite de la Transition (ACRT), Issa Kaou Djim est accusé de violation  de la loi suite à des récentes sorties contre la décision du Gouvernement du Mali de renvoyer le représentant de la CEDEAO au Mali. Force et de reconnaître, le 4ème Vice-président du CNT a ouvertement manqué du respect au Premier ministre Dr Choguel Kokalla Maiga et de son gouvernement en les accusant de tous les péchés d’Israël suite à cette décision. Cela pouvait passer  sans incident majeur, si cette vidéo était la première de M.Djim.

En effet, telle une manœuvre d’autoflagellation, depuis la nomination du Premier ministre Maïga, il ne lui a jamais laissé travailler. Chaque jour, des critiques  sur des tons frisant le manque de respect envers ce dernier. « Il fallait que cela s’arrête ! », s’exclamaient ainsi certains internautes. C’est pourquoi, son interpellation a été saluée par la majorité des Maliens qui apprécient de jour en jour les actions des autorités de la Transition. Si Issa Kaou Djim a été épargné jusqu’ici c’est parce que les autorités le laissaient grâce aux principes et le respect de la   liberté d’expression. Or, cette liberté d’expression a des limites.

Selon le Procureur du Tribunal de la Grande Instance de la Commune IV du District de Bamako, Idrissa Hamidou Touré, Issa Kaou Djim est accusé d’  « atteinte au crédit de l’Etat ».   C’est-à-dire, le fait de proférer des insultes envers les autorités de l’Etat et le fait d’insulter celles-ci gratuitement. Une forfaiture condamnée dans le code pénal. Pour le Procureur Touré, Issa Kaou Djim risquerait de 3 mois ou 2 ans d’emprisonnement suite à cette infraction.

S’agissant de l’immunité parlementaire à laquelle doit bénéficier le 4ème Vice-président du CNT (l’organe législatif de la Transition) Issa Kaou Djim, le Procureur Touré déclare que si la personne qui doit bénéficier cette immunité est prise en flagrant délit d’une infraction, dans ce cas il n’en bénéficiera plus. Or les infractions d’Issa Kaou Djim ont été faites sur les réseaux sociaux au grand dam de tous les Maliens. Selon lui, les Institutions du Mali sont fragiles en ce moment et de ce fait, il serait un devoir de les soutenir malgré les divergences. Concernant la liberté d’expression évoquée par certains, le Procureur Touré estime que chacun est libre de dire ce qu’il pense mais cela doit être fait, dit-il, dans une limite tracée par la loi. Pour lui, ce qu’Issa Kaou Djim fait n’est pas la liberté d’expression, c’est plutôt nuire les autorités de la transition.   

Avant le délibéré prévu le 3 décembre prochain. IKD a pris ses quartiers à la MCA

Au cours de l’audience du vendredi, qui a duré trois 3 heures, le Procureur de la République a requis trois mois de prison ferme contre Issa Kaou Djim, jugé en « flagrant délit d’atteinte au crédit de l’Etat et trouble grave à l’ordre public ». Après l’audience, la demande de liberté provisoire formulée par ses avocats a été rejetée par le tribunal.

Selon Maitre Kassoum Tapo, l’un des avocats d’Issa Kaou Djim, le tribunal a décidé de renvoyer le jugement en délibéré jusqu’au 3 décembre prochain. « Nous avons démontré que les infractions reprochées à notre client ne sont pas véritablement constituées. Ce sont des notions très complexes. C’est pourquoi le tribunal a jugé nécessaire de prendre le temps pour analyser les arguments développés par les deux parties », a-t-il fait savoir. Cependant il a montré son intention de revenir à la charge auprès du Procureur avec une nouvelle demande de mise en liberté provisoire pour son client avant le délibéré du mois de décembre.

Malgré que certains partis politiques aient fait des déclarations en condamnant cette arrestation, qu’ils jugent arbitraires et non conformes au principe de la liberté d’expression, beaucoup saluent cette arrestation, puisque pour eux cette transition est dans le bon sens et le fait de vouloir la déstabiliser, constituerait un crime.

Cette arrestation, considérée comme un avertissement à coup sûr, servira de leçon pour ceux qui sont dans une manœuvre de déstabilisation de la Transition

SourceLe Sursaut

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