Lutte contre Covid 19 : Un communiqué pour remobiliser les troupes ?

Distance sociale oubliée, délaissement des masques, lavage des mains passé de mode…Face aux Covid 1, les populations à Douala semblent avoir capitulé. Or le redoutable virus continue de sévir. Le communiqué de rappel du ministre Sadi suffira-t-il à remobiliser les troupes ?

Avec l’avènement du Covid 19 et l’imposition des mesures barrières, on croyait le lavage régulier des mains définitivement encré dans les habitudes. Que non ! L’illusion de la fin de la pandémie a réinstallé les gens dans l’ancien système. Les récipients lave-mains ont disparus du décor à Douala. Or il y a quelques mois encore, on en trouvait dans tous les coins de rues, à l’entrée des grands et petits magasins, sur les marchés etc. Les citadins allaient spontanément vers les cubitainers pour se laver les mains.

Aujourd’hui tout a changé. Martin T., un marchand de fruit au marché Déido croit avoir compris ce changement :   «  Quand il y avait le Corona Virus, il avait les seaux partout, on se lavait les mains, est-ce que c’est encore nécessaire ? Nous croyons que la maladie là est passée. On n’entend plus parler de cas positifs, de cas négatifs ou de décès. » Le lavage régulier des mains est l’une des mesures prescrites par l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) et les autorités camerounaises pour barrer la voie au Covid 19 particulièrement dévastateur du genre humain. Mais il ne semble plus d’actualité, à Douala et ailleurs, tout comme le port des masques.

Il y a encore quelques mois, tout le monde dans les espaces publics l’abhorrait. Il fallait avoir un cache nez pour être admis à voyager dans un bus, pour faire des courses au supermarché, pour accéder au sein des entreprises pour celles qui ouvraient encore leurs portes aux usagers, pour avoir accès dans un centre de santé…

Quant à la distance sociale. C’est oublié. On n’en parle plus. Les populations ont renoué avec la culture des séminaires, les conférences, les cérémonies funèbres, les fêtes de baptême ou de mariage qui concentrent un nombre important de personnes. Or le Covid 19 a la particularité d’être très contagieux. Le relâchement coté population est donc une réalité. Désormais dans les esprits, la pandémie, c’est une histoire ancienne. Pas besoin d’un dessin pour le comprendre. La vie est redevenue « normale ».

Le Covid 19 est une maladie grave, contagieuse, mortelle

Les autorités sanitaires, elles aussi, ont levé la garde. Plus de pression pour inciter à porter le cache nez, plus de réaction contre les organisateurs « des événements qui regroupent plus 50 personnes ». Les communications quotidiennes puis hebdomadaires du ministre de la santé autour de la maladie assorties des décomptes des nouveaux cas positifs et des décès entretenaient certes la peur mais aussi la méfiance à l’égard du virus assassin. Les tranches d’antenne (radio, télévision) consacrées à la pandémie ont disparu.

Après un bon moment de « normalité » , intervient alors ce rappel du ministre de la communication, René Emmanuel Sadi  dans un communiqué signé le 2 novembre 2020 : « le gouvernement exhorte les camerounaises et les camerounais à continuer à respecter les mesures barrières éditées : à savoir « le port obligatoire et systématique du masques dans les lieux publiques, le respect de la distanciation sociale et le lavage régulier des mains avec de l’eau propre coulante ou avec du gel hydro-alcoolique. »

Il faut certainement plus qu’un communiqué pour « troubler » la jouissance des Camerounais et les remettre dans l’ambiance de la lutte. Ils doivent retenir cependant que le Covid 19 responsable de la crise sanitaire actuelle est une maladie grave, contagieuse, mortelle.

Selon les spécialistes «  une personne atteinte est contagieuse 2 à 3 jours avant l’apparition des symptômes et jusqu’à 8 Jours après. Les formes graves peuvent provoquer les problèmes respiratoires et conduire à la mort au bout de quelques heures. En 9 mois, le coronavirus a causé la mort de plus de 1200 000  décès dans le monde.

Hugo TOBBO

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