Joe Biden évoque les sujets qui fâchent avec Vladimir Poutine

Sur l’Ukraine, l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny ou encore la cyberattaque géante imputée par Washington à Moscou, le président américain s’est montré ferme lors de sa première conversation téléphonique avec son homologue russe, mardi. Cela n’a pas empêché les deux pays de faire état d’un « accord de principe » en matière de désarmement.

Le nouveau président américain Joe Biden a affiché, mardi 26 janvier, sa fermeté lors de son premier échange avec son homologue russe, Vladimir Poutine.

Il a ainsi « réaffirmé notre soutien ferme à la souveraineté de l’Ukraine face à l’agression persistante de la Russie », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki.

Joe Biden a également fait part de sa « préoccupation » au sujet de « l’empoisonnement d’Alexeï Navalny », l’opposant russe arrêté le 17 janvier à son retour en Russie après une convalescence de cinq mois en Allemagne, ainsi que du « traitement des manifestants pacifiques par les forces de sécurité russes ».

Il a ensuite évoqué, selon sa porte-parole, les « ingérences dans l’élection de 2020 » aux États-Unis, la récente cyberattaque géante contre des ministères américains imputée par Washington à Moscou, et les informations selon lesquelles la Russie aurait payé des « primes » à des Talibans pour tuer des soldats américains en Afghanistan. Autant de sujets minimisés par Donald Trump, malgré l’indignation générale qu’ils suscitent dans la classe politique américaine.

Relations au plus bas

« Le président Biden a dit clairement que les États-Unis agiront avec fermeté pour défendre nos intérêts nationaux face aux actes de la Russie qui nuiraient à nous ou à nos alliés », a ajouté la Maison Blanche dans un communiqué.

Comme il le fait régulièrement, Vladimir Poutine a de son côté dit soutenir « une normalisation des relations entre la Russie et les États-Unis », qui selon lui « répondrait aux intérêts des deux pays, mais aussi de ceux de toute la communauté internationale, étant donné leur responsabilité particulière dans le maintien de la sécurité et de la stabilité dans le monde », a rapporté la présidence russe.

Les relations américano-russes sont au plus bas depuis la fin de la Guerre Froide, malgré les tentatives de rapprochement infructueuses de l’ex-président des États-Unis Donald Trump. Son successeur Joe Biden se veut beaucoup plus offensif.

Prolongation du traité New Start

Paradoxalement, en raison d’un calendrier ultra-serré, ce nouveau chapitre s’ouvre sur une volonté de dialogue : le traité de limitation des armes nucléaires New Start, dernier accord bilatéral de ce genre, expire dans dix jours et Washington avait annoncé dès la semaine dernière vouloir le prolonger.

Selon la Maison Blanche, les deux dirigeants ont « évoqué la volonté des deux pays de prolonger New Start pour cinq ans, et ont convenu de faire travailler leurs équipes de manière urgente pour une extension d’ici le 5 février ».

Le Kremlin a même fait état d’un « accord de principe » dans un projet de loi transmis au Parlement, après avoir fait état de « l’échange » mardi de « notes diplomatiques sur la prolongation » accompagné de « contacts énergiques » pour reconduire le traité « dans l’intérêt des deux pays, comme du monde entier ».

Nucléaire iranien

Le démocrate américain s’est aussi déclaré prêt à « envisager des discussions en matière de stabilité stratégique sur une série de questions liées au contrôle des armements et à la sécurité ». Il se démarque sur ce terrain de son prédécesseur républicain, qui n’avait pas réussi à reconduire New Start – ou pas voulu le faire – et s’était retiré d’autres traités.

Donald Trump avait notamment claqué la porte avec fracas de l’accord international sur le nucléaire iranien, dont Moscou est l’un des signataires. Le sujet, au menu de l’appel téléphonique, devrait aussi être assez consensuel, Joe Biden ayant promis de revenir dans cet accord. Mais les modalités risquent d’entretenir les tensions : la Russie a demandé au gouvernement américain de faire le premier pas, alors que les États-Unis exigent que ce soit l’Iran qui renoue d’abord avec ses engagements, dont il s’est partiellement affranchi.

Avec AFP

Texte par : FRANCE 24

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