Crise anglophone : le Vatican en médiateur !

L’émissaire du Saint Père en séjour de 24h à Bamenda a demandé aux chrétiens de privilégier la voie du dialogue pour la résolution de cette crise qui perdure.

Le Cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a passé ce message lors de la célébration d’une messe en faveur de la paix le dimanche 31 janvier 2021 à l’esplanade de la cathédrale St Joseph de Bamenda, en présence du ministre d’Etat, Secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, représentant du chef de l’Etat, et plusieurs autres membres du gouvernement. Cet appel au dialogue du Vatican bien que diversement apprécié, a suscité chez bon nombre de personnes beaucoup d’espoir pour la résolution pacifique de cette crise sociopolitique dans la partie anglophone du Cameroun.

Lors de cette visite du numéro deux du Vatican dans la capitale régionale du Nord-ouest, des milliers de fidèles catholiques sont sortis pour l’accueil. Aussi, malgré la Ville morte, ces chrétiens sont sortis pour suivre la messe en faveur de la paix dite par le cardinal Piertro Parolin. Dans son homélie, l’émissaire du Vatican qui souhaite le retour de la paix dans les régions anglophones du Cameroun, a appelé au dialogue, afin de résoudre cette crise qui perdure.

« Chers frère et sœurs, dans la situation difficile où vous vous trouvez, la violence n’a jamais résolu un problème. Ça crée plutôt plus de problèmes. La paix est un trajet d’espoir, de dialogue et réconciliation. Le dialogue est donc le meilleur moyen de résoudre conflits et mésententes », a-t-il dit aux fidèles, autorités administratives,

religieuses et traditionnelles rassemblés. « La quête de la paix est l’œuvre de tout le monde. Les souffrances, la guerre fratricide que vous vivez aujourd’hui dans les paisibles terres du Nord-Ouest est l’œuvre de Satan », a-t-il ajouté avant d’appeler les chrétiens à plus de prières. S’exprimant devant la presse à son arrivée à Bamenda vendredi 30 janvier 2021, le cardinal Pietro Parolin s’est réjoui de l’excellence des relations bilatérales, indiquant notamment que «nos relations sont bonnes, nos relations sont cordiales. Ma visite ici est un autre signe de la cordialité de nos relations», a-t-il déclaré.

En d’autres termes, «je suis ici pour manifester l’attention et la solidarité du Saint-Père François envers le Cameroun, surtout en ce moment où il expérimente un conflit sociopolitique dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Nous souhaitons que la paix revienne dans ces régions», affirmant la disponibilité du Saint-Siège en particulier et de l’Eglise catholique en général à contribuer inlassablement au retour à la paix. Depuis plus de 4 ans, Les combats au Cameroun anglophone ont fait plus de 3 000 morts et forcé plus de 700 000 personnes à fuir leurs domiciles selon de nombreuses Ong.

Espoir et médiation en vue !

À Bamenda, la visite du représentant du Pape bien que diversement apprécié, vient redonner l’espoir d’une fin de crise pour certains habitants. Dans la ville, d’aucuns pensent que «le fait que les fidèles sont sortis écouter le représentant du pape est un bon signe du retour de la paix», lance Nshuh Peter, un commerçant. Idem pour Priscilla qui trouve juste et opportun l’arrivée du Cardinal Piertro Parollin. «La violence a augmenté ces jours-ci, à cela s’ajoutent les attaques sur les hommes d’église comme le cardinal Christian Tumi, et aussi les attaques sur l’école et les enfants», souligne Priscilla.

Durant les 24 heures passées à Bamenda, le cardinal Pietro Parolin a eu des entretiens avec les autorités administratives, religieuses e( traditionnelles. Des rencontres à huit clos qui laissent présager selon certains habitants, une possible médiation de (‘Eglise catholique dans la résolution de ce conflit séparatiste en zone anglophone.

Selon Jato Richard journaliste à la Radio Hot Cocoa de Bamenda, «le nombre impressionnant de fidèles sorti malgré la ville morte et les appels de boycott de cette visite lancé par les séparatistes, témoignent à suffisance le rôle que peut jouer l’église catholique dans la résolution de ce conflit». Cependant, soulignons que par le passé, «l’offre de médiation de l’Église catholique a été rejetée et la demande au président de recevoir les évêques est-jusqu’ici restée lettre morte», s’est plaint le président de la conférence épiscopale camerounaise, Mgr Rome, devar le cardinal Parolin, au premier jour de sa visite.

Soulignons que la ville de Bamenda a été placée sous haute sécurité lors de cette visite Quelques rues-de la ville sont restés mortes pendant cette visite du représentant du pape, un appel au boycott lancée par les séparatistes, mais qui a été peu suivie. Les mesures sécuritaires ont été renforcées, et aucun incident signalé.

par La Nouvelle Expression n°5397

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