Covid en France : nombre de cas, à l’hôpital, en réanimation, taux R0, décès

Coronavirus en France (direct) : le 21 janvier 2021, le taux moyen de contamination par jour est de 18 364 cas. La situation reste élevé sans compter l’émergence des nouveaux variants. Nombre de cas par jour, hospitalisations, réanimations, décès, voici la situation en France.

Bien que le taux d’incidence du virus se stabilise (sauf chez les plus de 75 ans où il est en augmentation), dans son nouveau bilan du 21 janvier, Santé Publique France alerte que « le virus circule toujours à un niveau élevé avec 18 364 cas confirmés par jour en moyenne ». Alors que la campagne de vaccination se poursuit malgré les retards de livraison, l’inquiétude de la propagation des variants grimpe et la France serait proche de l’instauration d’un 3ème confinement.

Le couvre-feu est-il efficace ?

« Si je devais qualifier le niveau de circulation du virus dans le pays, je dirais qu’il est à la fois élevé et relativement stable. Mais l’élevé l’emporte sur le stable », a déclaré Olivier Véran, invité de France Inter, mardi 19 janvier. Le ministre de la Santé rappelle qu’aujourd’hui, il y a une moyenne de 20 000 cas par jour. Ce niveau n’est pas aussi élevé que lorsque les 2 derniers confinements ont été décidés, mais cela reste loin de l’objectif des 5 000 cas quotidiens pour permettre de désengorger les hôpitaux et lever certaines mesures sanitaires.

Pour justifier la mise en place du couvre feu à 18 heures, Olivier Véran explique que selon les premiers chiffres concernant les 15 départements qui ont été mis sous couvre feu à 18 heures avant les autres, le 2 janvier, la courbe d’incidence semble en baisse avec -16% de contaminations sur une semaine. Un résultat positif mais « pas suffisant » a-t-il ajouté. Selon lui ça ne fera pas reculer l’épidémie à court terme mais cela permet de stabiliser le nombre de cas.

 2 variants du virus contagieux qui inquiètent

La raison de la mise en place d’un couvre feu plus stricte, mais aussi d’un contrôle renforcé au frontière et dans les écoles est avant tout la crainte que les 2 variants émergents, l’un en Angleterre et l’autre en Afrique du Sud,  se propagent, en sachant qu’un brésilien et un californien commencent aussi à se démarquer. Si peu de données sont disponibles pour le variant d’Afrique du Sud, les premières études montrent, selon Olivier Véran, ministre de la santé, que le variant britannique baptisé VOC2021 est plus contagieux et particulièrement chez les enfants. En Angleterre, le VOC 2021 a causé une flambée épidémique qui a pris 2 à 4 mois pour s’installer, il est aujourd’hui la version majoritaire en circulation en Angleterre.

En France récemment, l’Agence régionale de Santé Occitanie a déclaré 11 cas positifs au variant britannique détectés dans une Ehpad (8 résidents dont un est décédé et 3 membres du personnel).

Bilan de l’épidémie dans le monde

En Europe

  • L’Ecosse, la Suisse, l’Irlande, l’Italie et l’Allemagne ont annoncé un reconfinement total.
  • L’Angleterre se reconfine totalement jusqu’au mois de mars.
  • La zone Europe de l’OMS, qui comprend 53 pays dont la Russie, a enregistré plus de 22 millions de cas et près de 500.000 morts depuis le début de la pandémie, d’après le tableau de surveillance de l’organisation.
  • Selon les annonces de  Jean Castex le 10 décembre, la France fait partie des pays où l’épidémie est le mieux maîtrisée.
  • L’Italie, l’Autriche, la Hongrie, le Portugal et la Suède sont parmi les plus touchés d’Europe.
  • La situation est également en phase plateau ou entrain de remonter dans tous les pays d’Europe sauf pour deux pays scandinaves et l’Irlande.

    Dans le reste du monde

    « La situation est tout aussi inquiétante aux Etats-Unis, au Mexique, en Afrique du sud ou encore au Japon », a déclaré Olivier Véran.

    • 94 582 873 cas ont été déclarés dans le monde depuis le début de la pandémie le 31 décembre 2019.
    • 2 036 713 décès ont été déclarés dans le monde depuis le début de la pandémie le 31 décembre 2019.

    Bilan en direct de l’épidémie en France

Selon le dernier bilan épidémiologique de Santé Publique France (21 janvier ), il y a eu 3 056 617 cas confirmés de Covid-19 depuis le début de l’épidémie.

  • 73 049  décès ont également été notés en une seule journée (172 de plus en 24 heures) en France, depuis le début de l’épidémie.
  • 1921 clusters sont en cours d’investigations au 5 janvier 2021 (dont 725 en EHPAD)
  • Plus aucun département ne présente un seuil inférieur à 50 cas pour 100 habitants.
  • Trois régions qui semblaient jusque là moins touchées constate une augmentation de l’incidence du virus Sars-Cov2 : Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Corse.
  • Une légère amélioration est constatée dans les régions de l’Est.

Le nombre de nouveaux décès

Selon le dernier bilan épidémiologique de Santé Publique France le nombre de décès total dans l’Hexagone reste élevé.

  • Depuis le dernier bilan du 3 janvier à 116 décès pour cette journée, le nombre est de 283 mots au 14 janvier 2021 et semble en augmentation. ( Source : Plateforme ouverte données publiques françaises).

Le taux d’incidence de l’épidémie, (les nouvelles contaminations) :

Le nouveau bilant bilan de Santé Publique France du 14 janvier rapporte 21 228 cas en 24 heures depuis la veille. Le 3 janvier le bilan était de 12 489 nouveaux cas de contaminations en 24 heures contre  8 822 la semaine précédente. Etalée sur une semaine la France subirait un plateau avec une moyenne de 16 000 nouvelles contaminations hebdomadaire. Une situation maîtrisée mais préoccupante.

Le taux de positivité aux tests :

  • Selon le  tableau de bord de Santé Publique France, depuis début décembre le taux de positivité quotidien aux tests est passé de 5,7% à 6,5 % au dernier bilan du 14 janvier.

Le nombre d’admissions hebdomadaires à l’hôpital

  • Il y a plus de patients hospitalisés au cours de la deuxième vague que la première.
  • Selon le bilan épidémiologique quotidien du gouvernement et Santé Publique France, la France subi un effet plateau depuis fin novembre qui ne réduit plus les nouvelles hospitalisations jugées trop élevées. Depuis un rebond au 22 décembre avec 1783 nouvelles admissions le chiffre est retombé à 589 au 27 décembre, il est remonté à 9 214 au bilan du 14 janvier 

Le nombre de nouveaux patients admis en réanimation

  • Nous sommes passés juste sous la barre des 3000 malades, mais là aussi le rythme baisse, il est assez lent et nous craignons qu’il ralentisse encore dans les semaines à venir compte tenu du plateau atteint. » 
  • 2711 personnes en réanimation pour la seule journée du 13 janvier,  soit 95% de plus que jeudi dernier.

Le R0

Il s’agit du nombre de personne qu’un malade contamine au contact d’autres personnes. « Il nous faut atteindre les objectifs demandé par le Président de la République de diminuer le nombre de contaminés », autrement dit un taux R fixé à 0,9%. En baisse constante depuis le 24 octobre, il est était à 0,58 au 28 novembre, puis il est en légère hausse constante depuis avec un dernier bilan à 0,91 au 26 décembre.

Comprendre l’utilité des indicateurs

Comment le gouvernement calcule l’incidence de l’épidémie ? Et à quoi servent donc tous ces indicateurs ?

Le taux d’incidence : c’est le nombre de personnes positives pour 100 000 habitants durant 7 jours. Ce taux est calculé en fonction du nombre de taux de positivité des tests et des nouveaux cas et permet d’établir la propagation du virus en temps (presque) réel.

Le taux de positivité : le nombre de personnes testées positives comparé au nombre de tests effectués. Il permet de savoir si la hausse des cas positifs est simplement due à un nombre plus grand de tests effectués. Si elle ne l’était pas cela signifie que des personnes positives ne se font pas tester et que le procédé de tracking des cas positifs n’est pas efficace.

– Le taux de malades en réanimation : utile pour gérer la saturation des hôpitaux, c’est notamment celui-ci qui est observé pour les décisions de déclenchement de plans blancs ou de confinement. Il ne permet pas de voir l’évolution de l’épidémie en temps réel puisqu’il se passe un certain laps de temps entre le moment où on est touché par le virus et celui où il peut nous conduire à l’hôpital pour complications sévères.

– Le nombre de décès à l’hôpital : pour l’instant, seul le nombre de décès à l’hôpital est donné de façon hebdomadaire en ce qui concerne les Ehpad, les chiffres sont communiqués de façon plus régulière depuis seulement quelques temps. Il permet d’évaluer le triste taux de mortalité du virus.

– Le R(0) effectif : le taux de R, exprime le nombre de personnes qu’un porteur du coronavirus peut contaminer. Il permet d’évaluer la vitesse de propagation du coronavirus. C’est l’ indicateur le plus scruté par le gouvernement afin d’évaluer si les mesures de confinement ont un effet positif ou non et s’il est possible d’envisager un déconfinement.

Nombre de décès chez les moins de 65 ans : un indicateur plus fiable ?

Alors que Santé Publique France, alerte sur le nombre d’admission à l’hôpital et de décès chez les plus de 65 ans dans son bilan du 4 novembre, l’Institut Pasteur a publié un communiqué, mardi 3 novembre relayant une étude publiée dans la revue Nature pour expliquer que le nombre de décès chez les personnes âgées pourrait troubler la réalité de diffusion du virus Sars-Cov-2 au sein de la population totale.

“Une simple comparaison du nombre total de décès entre les pays peut être trompeuse dans sa représentation du niveau réel de transmission du SARS-CoV-2. La plupart des décès concernent des personnes âgées, mais ce sont les données les moins comparables d’un pays à l’autre”, indique Mega O’Driscoll, doctorante au département du génétique de l’université de Cambridge et auteur de l’article scientifique.

En d’autres termes, il est expliqué dans cette étude comparative que le taux de contamination et de décès chez les plus de 65 ans qui représente plus de 20% du taux de mortalité, peut induire en erreur ce dernier en ce qui concerne la population générale puisque :

  • Les maisons de retraite sont des groupements de personnes en isolement dans un seul et même endroit. Une fois une personne touchée, le virus va forcément circuler plus vite que sur la totalité du territoire. Cela pourrait donc fausser la vitesse de propagation moyenne générale du virus puisque la situation est différente pour le reste de la population.
  • Les résidents ne sont pas simplement plus âgés que la population générale, ils sont aussi généralement plus fragiles. Ainsi, un septuagénaire vivant dans une maison de retraite a plus de risque de mourir de la Covid-19 qu’un septuagénaire en population générale.”, explique le Dr Henrik Salje, du département de génétique de l’université de Cambridge, co-auteur principal du rapport.

La séroprévalence par âge un indicateur plus fiable ?

Les chercheurs expliquent s’être donc concentrés sur les données de décès par âge dans 45 pays et avec 22 enquêtes de séroprévalence. Ces dernières “permettent d’estimer la proportion d’une population ayant développé des anticorps contre le coronavirus. Les anticorps indiquent si une personne a été infectée par le SARS-CoV-2 à un moment donné, et constituent donc un bon indicateur des taux d’infection à l’échelle de la population.”, explique l’Institut Pasteur.

En passant par le modèle de prévalence par âge, les chercheurs ont remarqué que les données par pays étaient beaucoup plus semblables les unes avec les autres et mieux équilibrées concernant le profil de mortalité chez les personne de moins de 65 ans. “Nous avons pu utiliser cette information pour reconstruire de façon plus fiable le nombre d’infections dans les différents pays même ceux pour lesquels aucune enquête de séroprévalence n’a été réalisée”, précise Simon Cauchemez, responsable de l’unité Modélisation mathématique des maladies infectieuses à l’Institut Pasteur et co-auteur principal de l’étude.

Pour les chercheurs utiliser la probabilité de contamination et de transmission par tranche d’âge permettrait d’avoir des données plus fiables concernant le niveau réel d’infection du nouveau coronavirus.

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Auteur :

Bénédicte Demmer

Journaliste, cheffe des rubriques santé, phycho et sexo

 

 

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