Côte d’Ivoire—Si Gbagbo fait la politique à l’envers, Simone Ehivet la fera à l’endroit .

‘Ehivet et Gbagbo ne sont pas opposés sur le fond matrimonial.’ Expliquent certains analystes. ‘Reste les questions politiques.’ Poursuivent-ils. Mais les media occidentaux se sont accaparés à leur manière, des dérapages publics un peu excessifs du Président Gbagbo orchestrés par le noyau qui s’est constitué autour de lui depuis La Haye et chapeauté par sa ‘petite femme’ Nadiani Bamba. Sur ces failles communicationnelles et des ratés du protocole, les communicateurs Occidentaux ont gonflé les faits. Déplacé les pions sur l’échiquier politique. Et attiré l’attention sur les détails—scandale de l’aéroport, revirement spirituel, annonce du divorce, vice de langage (‘ma petite femme’), babysit public et port de masque à Kinshasa.

Déplacer l’objectif politique

Ce déplacement du curseur dans le traitement de l’information a un but—Ternir le retour glorieux du célèbre prisonnier de Scheveningen. Ce qu’ils ont réussi parfaitement en éteignant les phares sur ‘une victoire magnifique sur toute l’adversité et un procès international.’ Ainsi bien résumé par la Première Dame Ehivet Simone le 6 Juillet 2021 dans son premier message public depuis le retour le 17 Juin 2021 de son époux sur la terre de ses aïeux.

 

Néanmoins, Ehivet Simone replace Gbagbo au centre du combat politique. ‘Notre vision commune d’une nation forte et souveraine, d’une nation réconciliée, moderne, prospère et ouverte, d’une nation remplie de justice et d’équité, le Président Laurent Gbagbo l’a porté avec un brio inégalé encore aujourd’hui.’ A-t-elle déclaré le 6 Juillet 2021. Une structuration communicationnelle qui interpelle le Président Gbagbo. Mais qui reflète aussi la détermination de Ehivet à porter la lutte si Laurent Gbagbo n’est plus capable d’assumer la ‘vision commune’ souverainiste et panafricaine du combat. Les armes intellectuelles, stratégiques, politiques de cette lutte, elle en a. Elle l’a prouvé en dirigeant le FPI dans la rigueur des textes de 1982 à 1986. Ceci cumulativement avec ses engagements professionnel et maternel, lorsque le Président Gbagbo était en exil.

Scenarii Fujimori et Carlos Menen contre Ehivet

La taire. Mettre dans les bras de Gbagbo une femme artificielle qui s’occupera du feutre des arcanes du pouvoir, semble être le but recherché par la campagne de ‘calçons’ menée par certains média et les organisateurs de scandales. Mais Simone Ehivet n’est pas femme à croiser les bras. Tous les observateurs sont unanimes. Elle est douée en politique. Perspicace en communication. Pertinente dans ses analyses. Convaincant dans son approche et appréciation des situations. Pugnace sous un sourire qui illumine à la fois son visage et ses prises de parole.

Zulema Yoma et Carlos Menen unis pour un même destin

Comme Susana Fujimori qui a dénoncé en 1994 ‘l’autoritarisme’ de Alberto Fujimori (Pérou), son époux-Président—ou Zulema Yoma qui a critiqué la ‘politique sociale’ de son mari Carlos Menem (Argentine) lorsqu’il avait été élu Président en 1989, Simone a le langage libre. Elle ne se défile pas quand il faut donner son point de vue sur des sujets, qu’ils soient politiques ou autres. Sa foi dans ce qu’elle se propose d’atteindre, et sa maîtrise du verbe et de la chose politique, font trembler Occidentaux et ‘déviationnistes’ du FPI. Incapable de la battre sur le plan idéologique et politique, ou lui arracher une petite once de sa popularité, ses détracteurs ont mis sur pied les scenarii assimilables à ceux qui ont été appliqués à Zulema et Susana pour les sortir du champ politique. Yoma avait été répudiée de la résidence officielle d’Olivos en 1990, puis divorcée en 1996. De son côté, Susana, divorcée en Août 1994, une loi est votée au Parlement Péruvien lui interdisant de se présenter à la présidentielle. 

Sortir Gbagbo de l’Histoire

Appliquer ces scenarii à la Première Dame Ehivet, c’est tuer politiquement Gbagbo. Le sortir de l’Histoire. Et anéantir les attentes Africaines. C’est ce que recherche les ennemis de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Mais Ehivet Simone, l’unique Première Dame qui a toujours porté la croix de son époux, accepté de se faire bombarder et kidnapper avec lui, alors qu’elle pouvait se mettre à l’abri, ne laissera pas la catastrophe s’abattre sur son pays et l’Afrique, si pour divergences idéologiques le couple devrait se séparer.

Quitter la barque des ‘déviationnistes’?

Très souvent Gbagbo ne laisse pas les choses telles qu’elles sont. Victime de l’unilatéralisme des canaux d’information tissés par sa ‘petite femme’ en sa direction à La Haye et à Bruxelles, va-t-il se ressaisir maintenant qu’il est face à la réalité de terrain? Quitter la barque des ‘déviationnistes’? Rejoindre la ligne Historique portée par Simone Ehivet?

S’il hésite, cette femme politique incontournable dans son pays et incomparable parmi les femmes politiques contemporaines, fera l’Affaire. Déjà qu’elle est une Histoire avec son pays et le continent.

 Feumba Samen

Journaliste

Enseignant des Universités aux Usa

Auteur de l’ouvrage  « Les Guerres Secrètes Anti Gbagbo »

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