Côte d’Ivoire: PPA-CI, nouveau parti de Gbagbo-Rassemblement ou crash ?

Créé à la suite de la dissension intervenue au sein du défunt Front Populaire Ivoirien, au chantage et au refus du clan Affi Nguessan  de céder la direction du parti, le nouveau mouvement politique, Parti des Peuples Africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), des pro- Gbagbo dont le congrès se tient ce jour suscite de nombreuses interrogations quant à ses principes de rassemblement et de solidarité, principaux piliers qui  le sous-tendent  au regard de la constitution des délégations qui y participent.

Le jour tant entendu de l’ouverture du tout premier Congrès PPA-CI est là. L’électricité n’est pas dans l’air. Mais le crack est visible. Il s’élargit. Autour de Gbagbo, le vide se fait. L’analyse politique et stratégique est mise entre parenthèses. La bonne volonté des uns pour faire en sorte que les choses avancent dans le bon sens est freinée par des calculs mesquins des autres. La course au positionnement est le plan d’action dans le noyau constitutif et autour de la création du futur Parti. L’objectif visé est de ce fait en déphasage avec les attentes de la population. Singulièrement avec ceux des ex-militants-sympathisants du défunt FPI. Ce micmac dans un fracas indescriptible se fait sous le silence assourdissant de Gbagbo.

Liste “accordéonées.” 

Dans un communiqué de presse signé de Sébastien Dano Djédjé, le 12 Octobre 2021, le Bureau du Congrès a dévoilé la liste des participants. Elle comprend—les membres de l’ancien secrétariat général, les membres de l’ancien comité de contrôle, les membres de l’ancien comité politique permanent, les anciens élus, des fédérations du comité central, les anciens secrétaires généraux de fédération, Cinq (5) anciens secrétaires généraux de section par fédération, deux membres du bureau nationale des anciennes structures spécialisées ou d’activités, les anciens représentants à l’étranger, les délégations des partis politiques membres du nouveau parti, enfin, les personnalités membres du nouveau parti.

Les noms sur la liste définitive des participants au Congrès sont “accordéonés.”  Ils y sont tantôt ajoutés, tantôt retirés. Leon Monnet qui a monitoré le Comité d’Accueil du Président Gbagbo est aussi mis à l’écart, Laurent Akoun, Assoa Adou ou Sam l’Africain, le “Libanais de Gbagbo” nom attribué au Président de la NACIP pour sa fidélité en faveur du Président Gbagbo, sont écartés du Présidium du Congrès. Cependant on retrouve à la Direction de pilotage de ce Congrès des individus comme Stéphane Kipré ou Demba Traoré qui n’ont aucune relation philosophique avec l’argent, sans background en politique tout comme Georges Armand Ouégnin qui s’initie en politique.

Des surprises

Monnet, Assoa, Akoun, pourraient être écartés pour des raisons stratégiques afin de les nommer à des postes de responsabilité dans le Parti à naître. Car “être exclue du bureau du Congrès ne signifie pas qu’ils ne feront pas partie de la Direction du Parti.” Comme l’a précisé Koné Mébra David, Président du Rassemblement Populaire pour la Patrie (R2P) en s’appuyant sur le cas de la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo. Avant de poursuivre, “le bureau du Congrès n’est que responsable de l’organisation et la réussite dudit Congrès.”

Mais en attendant Assoa et Akoun ont mobilisé les Agni en ce qui concerne le premier, et les Attié pour ce qui est du second, pour les désactiver le moment venu du cheptel électoral du futur Parti, s’ils n’y trouvent pas leur compte. D’ailleurs Akoun a fait un pas vers Simone Ehivet en prononçant le discours de bienvenue à Ahoua Don Mello. Mais aussi à une autre occasion. Beaucoup de non-élus ne cachent pas leur amertume pour leur non-participation à ce rassemblement que les organisateurs appellent “événement historique.”

Les exfiltrés

D’autres ont été éloignés de ce bal des hypocrites. Lida Kouassi, ex-Ministre de la Défense du Président Gbagbo avait été sollicité par ce dernier pour organiser sa sécurité avant son arrivée le 17 Juin. Curieusement ce professeur de stratégie militaire avait été mis de côté sans explication. Pourtant Gbagbo lui doit sans doute la vie. En 2000 alors que les chasseurs du Général Guéï Robert cherchait à l’“éteindre,” Lida a eu un plan génial. Il enferma celui qui deviendra son patron dans le coffre de son véhicule et se balada partout avec lui. Cassant ainsi la mécanique des tueurs lancés à ses trousses. C’est le 9 Août au Palais de Sport de Treichville que le Président Gbagbo comprend après explication de Lida, qu’il a été écarté par la NadyGang.

Dakoury Tabley, ex-Gouverneur de la BCEAO, s’est “exfiltré” de ce gang. Et en froid avec Gbagbo. Puisqu’il ne peut plus discuter en toute intimité avec lui sans que la “petite femme” de Woody ne pénètre dans le secret de leur confidence. Les ministre Kadet Bertin, Emile Guiriéoulou, Dosso Rodel et les autres qui ont toujours été aux côtés de Simone Ehivet depuis ce triste 17 Juin qui a tué l’espoir de ceux qui se reconnaissent comme des panafricanistes ont préféré tout comme le Pr. Ake N’Gbo et autres, regarder ce théâtre mal mis en scène à distance. 

Espoir néanmoins

Cette façon de scotcher la parole de certains cadres du défunt-FPI, a fait réagir Ahoua Don Mello a son retour d’exil en Côte d’Ivoire. “Cessons d’être des opposés pour devenir des opposants ouverts au dialogue et à la réconciliation nationale.” Cette proposition de Don pourrait-elle être exploitée au Congrès Constitutif pour ramener tous ceux que la bande Nady-Katinan ont utilisé la malice pour écarter?

Il faudrait cela pour éviter l’explosion. Ceci pour deux raisons. Primo, ceux qui ont été éloigné du pôle Nady-Katinan se sont rapprochés de l’astre Ehivet. Leur expérience politique et leur expertise en économie sont des atouts que les autres n’ont pas. Et ça pèse lourd sur la balance pour la suite. Car tous savent que savent que la “dépendance économique et financière” de la Côte d’Ivoire a contribué à faire tomber l’Administration Gbagbo. Secundo, tous les progressistes et panafricanistes du monde, qui ont soutenus la lutte pour la libération du Président Gbagbo—mais qui ont été déçu par son retour sans gloire dans son pays—ont les yeux rivés sur la Côte d’Ivoire. Ils veulent voir ce que va donner ce futur Parti. Ils attendent de savoir si ce nouvel instrument de lutte pourrait être comme le souhaite Don Mello, “un aimant pour capter et faire graviter tout la gauche Ivoirienne.’ Un des prix forts à payer pour ‘justifier [leur] existence et [leur] combat mais aussi [leur] volonté de rassembler tout ce Continent pour ouvrir les portes d’un nouvel ordre mondial.” Qui est celui de la “construction de la démocratie, de la souveraineté et du panafricanisme.” Boucle Don Mello.

Feumba Samen

programme du congrès

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