Côte d’Ivoire : Le retour de Laurent Gbagbo fait paniquer la classe dirigeante.

Des manœuvres et des manifestations orchestrées par le pouvoir visant à minimiser et discréditer cet événement sont en cours depuis l’acquittement et  l’annonce de la date du retour ce 17 juin 2021 de l’ex président ivoirien.

Le gouvernement ivoirien a presque le  perdu le sommeil depuis l’annonce à la fin du mois de mars de l’acquittement définitif par la cour pénale internationale (CPI) de Laurent Gbagbo et de son retour prévu pour ce jeudi 17 juin en Côte d’Ivoire. Malgré le feu vert  donné par Alassane Ouattara  pour ce retour et les annonces de facilités qui y seront liées, on note une fébrilité, voire une panique du côté du pouvoir.

 Alors que les partisans de Laurent Gbagbo se mobilisent pour réserver un accueil triomphal   à leur leader après dix ans passés injustement à La Haye, plusieurs manœuvres visant à discréditer et minimiser au maximum cette rentrée au bercail sont en cours.

Le même jour de son acquittement, une  marche est organisée à Abidjan par un soi-disant collectif des victimes de la crise post électorale pour dénoncer non seulement le verdict de la  CPI  mais aussi  pour s’opposer  à ce retour.   Cette manifestation  à peine d’une centaine de  personnes  est relayée avec insistance par la Radio Télévision ivoirienne (Rti) et quelques médias occidentaux où les analystes défilent sur les plateaux pour soutenir la thèse des  supposés « victimes ». Les médias reconnus pour la plupart d’avoir  œuvré à l’amplification de cette crise avec la complicité de la « communauté internationale » pour avoir pris faits et cause pour une partie en se pressant de publier expressément de faux résultats qui ont donné l’actuel président Alassane Ouattara vainqueur. Entretenant ainsi une confusion qui a débouché aux affrontements entre les deux camps malgré l’appel au recomptage des voix de Laurent Gbagbo qui  avait pourtant été déclaré vainqueur par la Cour constitutionnelle, l’organe suprême du pays.

Quelques activistes de la société civile et personnalités proches du pouvoir  d’Abidjan sont également montées au créneau contre cet acquittement. Beaucoup comme Adama Bictogo, secrétaire exécutif du Rhdp, parti au pouvoir, demandent  aux partisans de Gbagobo d’éviter le spectacle et le triomphalisme. Ils exigent d’ailleurs à l’activation de sa condamnation  de 20 ans d’emprisonnement  par la justice ivoirienne en 2019 dans le cadre de l’affaire dite du braquage de la BECEAO de Bouaké pendant la crise post électorale. Une autre histoire  fabriquée de toute pièce.

Les meetings de mobilisation pour accueillir Laurent Gbagbo sont interdits par les autorités préfectorales  d’Abidjan pour motif de trouble à l’ordre public et de risque d’affrontements pour laisser place à celui du Collectif des « victimes » de la crise post électorale.

Selon une certaine  source, le gouvernement envisagerait de faire repousser l’heure d’arrivée l’avion de Gbagbo prévue à 15h30mn pour une heure avancée de la nuit pour empêcher une adhésion populaire autour de cet événement.

Des agissements qui font croire à plusieurs observateurs de la scène politique ivoirienne que la déception est grande du côté du pouvoir d’Abidjan dont le  souhait était de voir Laurent Gbagbo loin des terres ivoiriennes.

Alassane Ouattara serait donc sous la contrainte  de la communauté internationale à laquelle il doit son pouvoir. L’homme exempté de poursuites dans ce cirque de procès fantaisiste ne peut donc aller à l’encontre de la décision de la CPI d’acquitter Laurent Gbagbo et de le voir retourner dans son pays.  Par conséquent de celles de ses maîtres qui pourraient  soulever ses dossiers sales à un moment opportun s’il s’entête. Ne lui ont-ils pas permis de gouverner en paix  pendant plus de 10 ans, ce,  en lui permettant de briguer un troisième mandat contre la constitution du pays et l’éloignant de tous ses opposants les plus redoutables avec une assise populaire bien confirmée ?

Les populations ivoiriennes dans leur immense majorité veulent tourner cette triste  page des affrontements d’hier. Elles attendent vivre  impatiemment  cet après-midi  du 17 juin le retour de leur ex président délogé de son palais par les forces spéciales françaises pour le déporter sur d’autres cieux à des milliers de kilomètres de sa terre natale. Une répétition en mondovision d’une vielle pratique coloniale à l’endroit de nos Chefs locaux africains récalcitrants. Elles ont compris que les clivages Nord-Sud qu’on a utilisés pour les opposer n’avaient rien à voir avec les enjeux réels de ce conflit qui était la bataille pour la souveraineté de la Côte d’ivoire. Une souveraineté que les dirigeants actuels de ce pays ont choisi de brader  et remettre entre  les mains de ceux, il y a plus de cinquante ans maintiennent leur peuple dans l’oppression et la misère. Ce qui fait redouter au pouvoir usurpateur  d’Abidjan, avec la présence de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, un réveil de la population  dont les revendications ont été longuement étouffées par une partie de l’élite à la solde des intérêts externes. 

Félix ÉPÉE

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