Blanchiment des capitaux : l’immobilier le plus visé

Le secteur de L’immobilier constitue une menace élevée, selon les données révélées par l’Agence nationale d’investigation financière (Anif), organisme public en charge de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme au Cameroun.

L’immobilier reste cette poche sûre où les blanchisseurs rangent le fruit de leurs transactions douteuses. Il s’agit parfois d’un agent public aux revenus connus de tous, mais dont les investissements surprennent. Ces fonds viennent alors soit de la corruption, soit des détournements de deniers publics. A l’Agence nationale d’investigation financière (Anif), on affirme que l’immobilier est l’un des secteurs qu’on utilise le plus pour le blanchiment des capitaux.

L’évaluation nationale des risques (Enr) qui a couvert la période 2014-2019, a permis de constater que «l’immobilier constitue une menace élevée de blanchiment, avec une tendance à la hausse». En effet, il ressort des enquêtes menées que «la plupart des transactions immobilières ne passent pas par les schémas classiques (agents immobiliers, notaires), mais plutôt directement entre les potentiels acquéreurs et les propriétaires immobiliers», expliqué le rapport de l’Enr. Dans le même temps, le rapport précise que le recours aux banques spécialisées dans l’octroi des prêts immobiliers et les informations que celles-ci transmettent à l’Anif en termes d’opérations suspectes, confortent la thèse de la menace élevée. «L’enquête a révélé une prolifération des activités informelles dans ce secteur.

En effet, la taille des opérateurs évoluant officiellement dans le secteur est relativement faible malgré la révision du montant de la caution d’agrément, pour accéder à la profession de promoteur immobilier qui est passée de 25 millions à 2,5 millions de Franc cfa», peut-on lire dans le rapport. A côté de cela, l’Anif a aussi constaté la présence d’investisseurs immobiliers anonymes utilisant abusivement les sociétés civiles immobilières, ou agissant à distance (notamment la diaspora camerounaise). Par ailleurs, les profils de clients à risque dans ce secteur sont les personnes politiquement exposées, nationales et internationales, les non-résidents, les sociétés civiles immobilières qui contribueraient à masquer le patrimoine immobilier des criminels

Pour inverser cette tendance au blanchiment d’argent à travers l’immobilier, l’Anif a, depuis 2019, intégré les quincailleries dans la liste des structures et autres institutions assujetties à l’obligation de lui transmettre des déclarations de soupçons. Il est désormais question pour tout gérant de quincaillerie de communiquer à l’Anif, tous les achats d’un certain montant effectués par des tiers.

 

Source : L’Anecdote n°1158

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