Banques & Finances : La CECIC aurait-elle détourné le virement d’un client à son profit ?

Une somme d’un montant de 12 000 euros  envoyée depuis deux ans à la société Tunda Exotic Food Sarl par son partenaire étranger à son compte domicilié dans cette micro-finance reste introuvable jusqu’à ce jour.

Nous sommes en novembre 2019. La société Bao Import basée à Paris en France spécialisée dans la vente des vivres africains pour passer ses commandes comme d’habitude, envoie une somme de 12 000 euros l’équivalent de 7 860 000 FCFA à son fournisseur la société Tunda Exotic Food Sarl représentée par Charles Tunda, Directeur de cette entreprise par le Crédit d’Epargne pour le financement du Commerce et de l’Industrie du Cameroun (CECIC).

Tunda Charles, confiant que l’argent est dans son compte, engage ses propres frais pour honorer à ses commandes auprès de son client l’entreprise Bao Import. Rendu à la banque retirer l’argent qui lui a été envoyé pour faire d’autres achats des produits qui manquaient à sa commande et désintéresser ses employés, on lui fait comprendre que l’argent n’est pas encore crédité dans son compte. Le Directeur de Tunda Exotic qui ne comprend rien à cette réponse, contacte son client, Sonia Muluala, dirigeante de la société Bao Import  pour lui faire part de sa mésaventure. Elle lui envoie toutes les preuves indiquant le virement à la date du 18 novembre 2019 à 15 h : 04 mn via l’entreprise Plasnet opérant dans le transfert des fonds.

Ironie du sort, malgré la présentation de ces documents, la réponse est restée la même. Aucune trace de ce virement n’est retrouvé dans son compte.

Doutes et suspicions

Le doute s’installe entre de Directeur de Tunda Exotic et son client. La marchandise est stockée  sur place. Elle ne peut être expédiée par manque de liquidités. Dame Sonia Muluala, Directrice de Bao Import, expéditrice du virement, se déplace elle-même pour le Cameroun pour suivre de très près cette affaire et voir si ce n’est pas une entourloupe de son fournisseur. Rien n’est fait. Elle repart insatisfaite. Pas encore d’argent crédité dans le compte. Elle finit par comprendre que la faute ne vient pas de son partenaire. Entre temps, le préjudice est énorme. La marchandise pourrit au sol. Les employés de Charles Tunda grognent. Ils réclament leurs émoluments. L’homme  suite aux crédits contractés çà et là pour honorer à ses engagements est endetté et près du gouffre financier.

Fatigué d’attendre le payement de son virement, le directeur de Tunda Exotic Food Sarl de commun accord avec son partenaire fait une lettre au Chef d’Agence CECIC en date du 24 mai 2021 pour demander son retour à l’expéditeur. Même dans le sens contraire, l’argent n’est pas retourné dans le compte de l’expéditeur. Et cela dure plus de deux ans.

Joint au téléphone par notre rédaction  pour en savoir davantage, une responsable de cette micro-finance, une certaine Raïssa, nous fait comprendre qu’elle ne peut répondre de cette affaire au téléphone parce que relevant, dit-elle, d’un secret bancaire. En plus, qu’elle ne serait qu’une simple employée. Elle nous demande de passer à l’agence de cette microfinance située au quartier Brazzaville à Douala où est logé le compte de l’entreprise bénéficiaire du virement.

Vice de procédure

 

Aussitôt après notre coup de fil, Charles Tunda est appelé par cette même responsable pour se plaindre de s’être confié aux journalistes. Curieuse coïncidence.  Quelques jours après, il reçoit un autre appel toujours de la même personne qui l’informe que les traces de son argent seraient retrouvées dans un compte à Afriland First Bank Cameroun, banque qui couvre la micro-finance dans ses transactions à l’international. La procédure serait en cours d’après la responsable de structure d’épargne et de crédit qui le rassure qu’il aura la suite dans un avenir proche. Quelques pièces justificatives de plus lui sont demandées à fournir. Ce qui est fait. 

Sauf que leur client  va encore attendre deux mois, sans résultat. Un fonctionnement qui s’apparente à du dilatoire et qui ne répond à aucune orthodoxie bancaire.

Face à l’incompréhension de cette démarche, nous essayons  de joindre cette fois-ci, Serge Nono, le Chef d’Agence de cette institution financière. Comme sa collègue, il nous dit de ne pouvoir répondre au téléphone. Il nous demande de passer à son bureau pour tous les éclairages dont nous avons besoin. Ce que nous essayons de faire.

 

Mais nous tenons à l’appeler avant de nous déplacer comme le veut la politesse. Surtout au risque de l’absenter. A la réception de notre coup de fil, Sieur Nono, nous déclare être occupé et ne pouvoir nous recevoir. Sur notre insistance de savoir quand il sera disponible, nous sommes raccrochés au nez.  Idem comme sa collègue, il appelle aussitôt  son client pour lui reprocher d’être allé voir les journalistes. « D’ailleurs cet argent est déjà retournée à l’expéditeur », s’exclament-il, s’adressant au patron de la Société Tunda Exotic Food.  Mais seulement, le Chef d’Agence oublie qu’il y a une procédure à suivre.

 

 

Non seulement aucune information de ce genre n’a été donnée à celui qui a initié la lettre du retour du virement, à savoirs Carles Tunda  mais en plus  aucune note écrite ne lui a été signifié comme  cela se fait généralement pour l’en informer. D’autre part, dame Muluela qui aurait dû s’en réjouir de cette nouvelle du côté de Paris et qui l’aurait dû informer aussitôt son partenaire, elle non plus n’est au courant de cette nouvelle.

Entorse à l’éthique bancaire

Un fonctionnement quelque peu flou et suspect qui questionne sur la sincérité de la démarche des responsables de la CECIC. Sinon pourquoi autant de temps  pour retrouver l’argent d’un virement dont les justificatifs ont été apportés démontrant qu’il a été bel et bien expédié ? Deux ans, c’est beaucoup et énorme. Et c’est incompréhensible. Pour ce qui concerne les délais de traitement de virement en matière bancaire, un compte est crédité en 30 secondes quand il s’agit d’un virement instantané (instant payement) et de deux à jours(hors week-ends et jours fériés), pas plus pour les virements standards,  nous indique un cadre de banque en service à Douala.

Une autre source nous indique que Charles Tunda subirait tous ces tracas parce qu’il serait un étranger. On rappelle que  le Directeur de Tunda Exotic Food Sarl est originaire de la Rdc. Ce qui serait, si c’est le cas, une entorse grave à l’éthique bancaire et à la protection des avoirs d’un étranger en règle  qui paye normalement ses impôts.

Par ailleurs, les agissements sans queue ni tête des responsables de la CECIC à l’endroit de ce client, nous poussent à nous interroger sur la fiabilité de cette micro-finance.

Du côté des dirigeants de Tunda Exotic Food Sarl et Bao Import exaspérés par cette affaire qui leur a causé d’énormes préjudices, on n’y croit plus, eu égard aux multiples démarches effectuées auprès des responsables de cette micro-finance. Leur regard est désormais porté vers les juridictions compétentes où ils comptent déposer plainte si rien n’est fait dans de brefs délais pour apporter une solution définitive à ce problème. Affaire à suivre.

Félix ÉPÉE.

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