Affaire SMID: Une gestion opaque finit par une plainte contre l’ancien PCA Ntonè Ntonè Fritz et ses acolytes.

A l’origine de cette procédure judiciaire, la découverte d’une série d’irrégularités observées dans la gestion de cette structure  et son impossibilité de tenir ses promesses de financement parce que présentant un bilan déficitaire dès sa création.

Présentée comme une bataille d’egos surdimensionnés entre l’ancien délégué de la CUD et le nouveau maire de la ville de Douala pour le contrôle d’un « véhicule » financier, ce qui est réellement un leurre inintelligemment entretenu par certains anciens membres du conseil d’administration dont le ténébreux Albert Nzongang recruté pour embrouiller les actionnaires désabusés par des déclarations mensongères et diffamatoires comme il l’a fait dimanche 16 Mai 2021 sur les antennes d’Equinoxe TV, la SMID est aujourd’hui sous administration provisoire et ceci depuis le 12 février 2021 d’où l’émoi judiciaire de l’ancienne direction et de l’ancien conseil d’administration de cette structure.

La SMID (Société Métropolitaine d’Investissement de Douala a vu le jour le 17 Août 2018 portée par des fonts baptismaux novateurs avec l’introduction d’un outil innovant de financement des équipements publics pour la ville de Douala et avec pour ambition de mobiliser 10 Milliards sur les marchés financiers. Lors de la clôture de l’appel public à l’épargne le 17 Août 2018, la SMID n’a pu réunir que 5.414.790 CFA; c’est à dire 54% de ses prévisions initiales.

Par qu’elle alchimie financière, la SMID allait elle donc financer ses projets sachant que le budget prévisionnel de la reconstruction du marché de Bonamoussadi était évalué à hauteur de 13,5 milliards CFA et celui de New-Deido à près de 07 milliards.

Le simple fait que la SMID n’ait pas atteint son objectif de mobilisation des fonds pour financer des projets qui se voulaient prometteurs pour un retour à l’investissement aurait du alerter la CMF, la bourse et la Commission de Surveillance des Marchés financiers de l’Afrique Centrale ( Cosumaf) parce que ses plans d’affaire pour les trois projets qu’ils ont vendus à coups de plans de marketing aux souscripteurs devenus actionnaires étaient compromis voir inexistants.

La scandaleuse gestion de la SMID vient par conséquent de l’impossibilité de tenir ses promesses de financement parce quelle présenta un bilan déficitaire dès sa création. Le PCA Ntonè Fritz le savait, les membres du conseil d’administration le savaient, Albert Nzongang qui dit représenter 67% des petits actionnaires malgré le million qu’il y a placé le savait.

En réalité, après la première assemblée constitutive de 2018, la SMID n’a plus tenu d’assemblée générale. Elle tiendra une assemblée générale virtuelle avec l’application zoom le 25 Mars 2021 alors qu’elle était déjà sous administration provisoire depuis plus d’un mois. Fort de ce constat et de la découverte d’une série d’irrégularités dans la gestion de la SMID, l’administrateur provisoire désigné, Monsieur Njoh François Maurice, expert comptable de son état portera plainte le 19 Mai 2021 et une contre-plainte sera initiée par Mr Thingo Petton Fabrice; ancien directeur général de la SMID.

La plainte de l’administrateur provisoire déposée auprès du tribunal de grande instance du Wouri vise le Dr Ntonè Ntonè Fritz, Daniel Neossi, Julienne Komnang et la EDC ( Investment Corporation Ecobank).

La contre-plainte est une citation directe contre l’administrateur Njoh François Maurice, expert-comptable désigné par une ordonnance d’un juge de référé depuis le 12 février 2021 après une action originelle en justice du Maire de la ville de Douala Roger  Mbassa Dine qui par contuinité de service s’est retrouvé avec une patate chaude qui l’a obligé à chercher à comprendre ce qui serait arrivé à la participation de la Mairie dans le capital de la SMID…nous parlons ici des deniers publics.

La désignation de l’administrateur provisoire a mis en branle, l’ancien PCA, l’ancueb conseil d’administration qui ont instruits l’ancien directeur d’introduire un sursis d’exécution et une annulation tout court de l’ordonnance de désignation.

Ces deux recours en appel n’ont malheureusement pas eu un effet suspensif et en réalité l’administrateur provisoire est de facto le nouveau gestionnaire de la SMID jusqu’à la fin de sa mission et l’ancien PCA ne l’est légalement plus.

Ce dernier pour ne pas le nommer puisqu’il s’agit du Dr Ntonè Ntonè Fritz qui a été désigné nouveau PCA des ADC lors d’un conseil d’administration en urgence alors qu’il a une plainte pendante sur le dos. Son rôle de PCA de la SMID est caduque mais l’homme a continué d’opérer en ignorant l’ordonnance de l’administration provisoire qui met fin à ses fonctions ce qui ajoute une couche d’esbroufe qui égare les actionnaires désabusés.

Fritz Ntonè Ntonè et ses acolytes appelés à répondre de leur gestion à la SMID

 

Il est d’ailleurs étonnant que ces actionnaires dont au moins un millier de petits souscripteurs  n’aient pas cherché à savoir où serait passé leur argent…  Pourquoi les dividendes ne leur ont elles pas été payées?  Pourquoi les projets de construction des Marchés de Bonamoussadi, de New-Deido et le centre de loisir de Béssèkè n’ont ils pas été réalisés comme prévu?  Il serait même intéressant de chercher à savoir si au moins l’un des ces projets a été supporté par un plan d’affaire conséquent !!!

Un extrait de la plainte dit ceci : »concrètement sur la base d’un pré-rapport de mission d’inspection générale dressé par la COSUMAF courant Novembre 2020, il apparaît de criardes et singulières violations de droit pénal »  

Selon la plainte de l’administrateur provisoire, la société Neo-Industrie dont le directeur général est Emmanuel Neossi aurait reçu la somme de 1.528.298.870 CFA comme avance de la construction du marché de New-Deido et le marché n’a jamais été construit. D’ailleurs les commissaires aux comptes avaient émis une alerte sur la non construction du marché  et il y a des suspicions que l’avance y afférente se serait muée en une sorte de prêt usurier. Pour revenir sur le référé d’heure à heure initié par l’ancien directeur de la SMID, l’on pourrait se demander si il a qualité et déduire par conséquent que la dite action en justice serait simplement irrecevable.

Il faut par ailleurs noter que Le conseil de la communauté a  »enjoint au maire de la ville de Douala de défendre sans concessions dans le cadre des procédures judiciaires en cours, d’une part, les intérêts de la ville de Douala dont l’engagement financier direct s’élève à environ 2,5 milliards de FCFA, et d’autre part, ceux des petits souscripteurs qui avaient été convaincus par l’engagement de la Communauté urbaine de Douala dans ce projet, et qui se retrouvent aujourd’hui sans perspective de retour sur investissements ». Ce qui est incompréhensible est le silence des petits souscripteurs qui devraient réaliser qu’ils sont des actionnaires et ont droit d’également recourir à la justice pour savoir ce qui est arrivé à leur argent.

Après tout, c’est eux qui ont placé leur argent à la SMID, ce n’est ni le nouveau maire et encore moins l’ancien délégué.

 

Karl Jengou-Lottin

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