Affaire du personnel lésé/ Société Générale Cameroun S.A : Le préfet du Wouri appelle de nouveau les deux parties à l’apaisement.

Au cours d’une réunion tenue le 21 juillet dernier dans les locaux de la préfecture à Douala, Benjamin Mboutou a demandé aux syndicats du personnel lésé de suspendre leur grève projetée pour se saisir d’un éventuel rapprochement avec la Banque.

Alors qu’il s’était déclaré incompétent quelques mois avant dans la résolution de l’affaire opposant les employés abusés de la de Société Générale Cameroun S.A filiale de la Société Générale, grand groupe et multinationale française de Banque et leur employeur, le préfet du Wouri a appelé de nouveau les deux parties à l’apaisement. Benjamin Mboutou a demandé  aux syndicats du personnel lésé de suspendre la grève qu’ils projetaient faire les jours avenirs après celle prévue le 20 juillet 2021 qui n’a pu avoir lieu pour cause du férié.

Le préfet du Wouri a promis, au cours de la réunion tenue dans ses bureaux le 21 juillet  2021,  de prendre attache avec le Dg de la S.G. Cameroun et Thomas Désiré Njoya Ngoudikou, président du syndicat et représentant du personnel lésé pour un éventuel rapprochement afin de trouver une solution pacifique   à leur contentieux. A la SG Cameroun, l’autorité préfectorale a demandé de se rapprocher des syndicats pour négociation.

Les représentants des différents syndicats lors de leur point de presse tenu le 21 juillet 2021 au siège de la CGT- Liberté à Douala.

 

Une décision saluée par les organisations membres de la CGT-Liberté, confédération syndicale à laquelle sont affiliés les syndicats des victimes qui ont longtemps appelés les autorités à prendre leur responsabilité face au refus de la Banque  d’appliquer la sentence judiciaire  sans appel qui la condamnait dans une affaire l’opposant à ses employés.

Le différend  remonte  en janvier 2011 lorsque la Direction de la SG Cameroun a décidé de manière unilatérale d’opposer à tous ses employés une refonte substantielle des conditions de traitement  et de paiement de leurs salaires. Cette restructuration du système de traitement           de la paie  avait pour finalité l’harmonisation et l’optimisation fiscale des salaires. Une refonte qui a créé à l’issue de son implémentation plusieurs cas de mécomptes et réductions de salaires. Ce qui aurait révolté de nombreux employés de cette banque. Saisie aux corrections et régulations, elle n’a pas jugé utile rétablir les victimes dans leurs droits.

Ces derniers  constitués en un collectif du personnel lésé décident  de saisir les juridictions compétentes, notamment  le Conseil d’Arbitrage de la Cour d’Appel du Littoral, seule juridiction compétente en matière de règlements de différents entre employeurs et collectif des travailleurs au Cameroun. Le Conseil rendra en date du 23 juillet 2020 la sentence arbitrale en faveur des victimes. Mais, la SG Cameroun S.A, notifiée de cette sentence, refuse de l’appliquer. Elle procède par les licenciements, les intimidations et menaces visant à neutraliser les employés pour qu’ils ne se révoltent pas. « Comme une épée de Damoclès suspendue sur nos têtes, on  nous ventile la saisie. La confiscation des biens meubles et immeubles pour non remboursement des emprunts que nous avons contractés auprès de la banque », nous  confie Thomas Désiré Njoya, représentant du personnel lésé et Délégué du personnel licencié avec 29 autres de ses collègues  des suites du présent litige. « Les dirigeants de SG Cameroun, après nous avoir licencié, ont même engagé une campagne de sabotage auprès d’autres banques pour que nous ne puissions pas trouver du travail . Ils nous ont présenté au sein du syndicat patronal des Banques comme des politiciens, des bandits et des personnes dangereuses pour l’activité», renchérit-il.

Des violences sur toutes les formes  exercées à l’endroit du personnel voire une attitude de condescendance et du mépris à l’égard de nos juridictions locales qui font penser à une lointaine époque coloniale pendant laquelle les multinationales étrangères avaient tous les droits sur notre sol.

Malgré ces abus et pratiques malsaines  et tous les autres obstacles à eux imposés, les victimes ont, après avoir épuisé toutes les voies judiciaires dans ce contentieux afin de se faire payer en vain, décidé de poursuivre leur revendication au moyen des manifestations syndicales.

La levée de leur manifestation publique du 20 juillet 2021 prévue devant le siège de la Banque obtenue par le préfet du Wouri et son appel à l’apaisement  en vue d’un rapprochement des deux parties, se pr ésente comme une lueur d’espoir pour le personnel abusé de la SG Cameroun. « Les travailleurs observent encore les politiques malgré les frustrations et les discriminations. Le pays a déjà beaucoup de foyers des tensions. Nous ne voulons pas qu’il y ait encore une autre au niveau des travailleurs. C’est pourquoi nous voulons que les politiques nous accompagnent pour mettre fin à ces  multiples injustices », déclare Gabriel Tonyè, Secrétaire général CGT-Liberté.   

Ce membre influent de la confédération syndicale espère que ces promesses et l’appel à la conciliation du préfet ne sont pas un dilatoire de plus de la Banque comme il y en a eu  depuis le début de ce contentieux face à la détermination des victimes à faire entendre leur voix.

Félix ÉPÉE

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