Affaire CECIC /TundaExotic Food Sarl : La microfinance se fourvoie.

Dans une notification adressée à notre rédaction en date du 04 octobre 2021, en réponse à notre article publiée le 03 août 2021  sur un supposé détournement dont elle serait suspectée par son client, Cecic  se fonde en victime. Au lieu d’apporter les réponses à nos différentes interrogations sur le cas précité,  il nous  accuse plutôt de dénonciations calomnieuses, atteinte de crédit d’Etat et menace de porter plainte.

Ça ressemble à de la victimisation, l’affaire opposant le Crédit d’Epargne pour le financement du Commerce et l’Industrie du Cameroun (CECIC) et l’entreprise TundaExotic Food Sarl. Une histoire rocambolesque semblable à celle d’une mafia  où l’accusé se transformerait en victime  souffrante et révendiquante  d’un préjudice subi et difficilement vérifiable.

C’est ce qu’essaye de démontrer le CECIC  via la notification signée de Maitre Nganko Didier, huissier de justice auprès de la cour d’Appel du Littoral et des tribunaux de Douala agissant en sa requête. Une notification à laquelle est jointe une correspondance de l’Administrateur Directeur Général  de cette microfinance sans qualité nominative qui nous est parvenue le 02 septembre 2021 dans laquelle CECIC nous attribue la qualité de journaliste magasinier.  Terme que nous ignorons  jusque-là dans le jargon journalistique classique mais que nous continuons à nous demander en quoi il renvoie.  Nous savons travailler pour un magazine en ligne dénommé Poula-Poula.com, mais ignorons cependant  le rapport de notre qualité de journaliste  avec celui d’un magasinier. L’ADG qui n’a pas eu le courage de signer sa lettre de son nom, pourrait peut-être nous en dire davantage et nous apporter des éclaircissements sur ce néologisme.

Les responsables du CECIC tout en reconnaissant l’attribution d’une attestation bancaire en date  du 29 octobre 2019 à la société TundaExotic Food Sarl ayant pour gérant Monsieur Tunda Charles avec le droit d’être titulaire d’un compte sous le N° 100030020303441-38 dont l’ouverture a été motivée par le transfert de certains types de virements en sa faveur dans leur compte via Afriland First Bank Douala, contestent la domiciliation  en  date du 06 novembre 2019 du paiement de son compte client Bao Import dans leurs livres. Le prétexte donné est l’absence de preuve du transfert pour vérification auprès de leur correspondant. Il  ressort de cette correspondance que les références sur le justif du client ne signalaient rien et qu’Afriland First Bank ne pouvait localiser dans son système ledit virement sur la base des informations reçues.

De quel justif parle-t-on, puisque  d’après la correspondance le client n’en possédait pas ? Peut-on aller retirer de l’argent dans une banque sans justificatif ? Même un primitif qui n’a pas accès à la civilisation ne saurait se comporter de cette manière.

Mauvaise foi ?

Selon la même correspondance, le client sera donc invité  à déposer auprès de CECIC SA des justifications « correctes » afin de localiser et de réclamer ledit virement auprès de leur correspondant. Et ce n’est qu’en juin 2021 tel que raconte la missive que le gérant de la société déposera  dans leur agence au quartier Madagascar.

Des déclarations qui, non seulement, ne correspondraient pas à la réalité, d’après nos enquêtes menées auprès de ladite société, mais passeraient pour un gros mensonge voire de la mauvaise foi des responsables de cette microfinance. Sinon pourquoi parlerait-on de justifications « correctes ». Ce qui signifierait en d’autres termes qu’il y a eu bel et bien des justifications mais que CECIC estime qu’elles ne seraient pas « correctes ». Et en quoi ne seraient-elles pas correctes ? Les responsables de cette microfinance omettent de nous le dire. En plus, quel homme d’affaire pressé qui reçoit un virement pour honorer à une commande précise dans les délais, à moins d’être du Neandertal, peut attendre deux ans pour fournir  les références de la transaction à sa banque?

Mais comme si cela ne suffisait pas, CECIC, dans sa logique de torpiller la vérité, nous indique, qu’après examen desdits documents, une erreur faite dans son compte, qui  proviendrait de la banque émettrice du virement,  avait été constatée auprès du correspondant mais avec pour bénéficiaire Monsieur Tunda Charles. Et qu’il avait été demandé par la suite  à la banque émettrice de corriger les informations pour que paiement soit  fait au profit de Sieur Tunda Charles. Pourquoi cela n’avait-il jamais été communiqué au concerné ?

D’autre part,  la lettre  indique les diligences menées par la microfinance à cette fin, renseignent à ce jour qu’il y a eu retour des fonds  auprès  de la banque émettrice. Les diligences  seraient-elles menées tel que l’indique la correspondance pour le paiement ou pour le retour des fonds ?

D’après nos  informations, les justifications déposées en juin 2021 à la demande du CECIC  sont les mêmes dont nous avons possession des copies qui avaient été remis par la société Tunda Exotic Food Sarl en dates du  19 novembre 2019 et le 15 janvier 2020 aux responsables de la CECIC comme le veut les règles avant toute sortie d’argent dans une institution financière et  au regard du constat des premières  tracasseries avec cette microfinance.  Rien n’avait été changé dans leur contenu. Qu’est ce qui aurait été donc corrigé dans les documents en question ? Nous serons curieux de voir ces autres justificatifs dont parle CECIC. 

Contradiction ?

Cependant, ce qui ne ressort pas de cette lettre, est que si  retour du virement, il y a eu, il  a été fait suite à la demande de la société TundaExotic Food Sarl  en date du 24 mai 2021 via son Directeur général du fait de son épuisement à attendre son paiement, en vain.

En même temps, la même correspondance indique que le virement n’a jamais été logé dans le compte du client ouvert dans leur agence de Madagascar. Ce qui apparaitrait comme une véritable contradiction qui n’honorerait pas l’image de cette microfinance.  Est-il possible de retourner à une banque émettrice un argent dont on n’a jamais reçu, ni vu de traces ?

Si l’argent n’était pas crédité dans le compte de Monsieur Tunda Charles comme il est indiqué dans la lettre, où se trouverait-il alors pendant ces deux années? Pourquoi cette microfinance se réserve-t-elle de nous donner la date et l’heure exactes de l’arrivée du virement  et celle de son retour en 2021 ? A plus forte raison, celle de la compensation du montant concerné (12 000 euros) à la BEAC en Francs CFA , si elle ne se reproche de rien. Compensation après laquelle le compte devrait être directement crédité , selon les normes de l’Ohada?

En effet, il est incompréhensible que l’argent qui devrait être crédité  de manière ferme en bonne date de valeur, soit en divagation entre Afriland First Bank et la microfinance. De surcroît, qu’on ne retrouve pas ses traces pendant une si longue durée. Plusieurs personnes qui ont suivi cette affaire depuis son début y compris quelques professionnels de banques et finances, suspecteraient une utilisation de cet argent à d’autres fins. D’aucuns évoquent des placements frauduleux qu’aurait faits le CECIC sans l’autorisation du bénéficiaire. Si c’est le cas, ce serait une vraie  entorse à l’éthique bancaire qui s’apparenterait à une fraude commerciale vivement condamnable par la loi.

C’est pourquoi cette microfinance  a le devoir d’apporter toutes ces réponses à nos interrogations et à celles de son client avec lequel elle est liée  par un contrat dûment signé et validé par l’attribution d’une attestation de domiciliation bancaire. Des interrogations que nous nous posons jusque-là au conditionnel. Car, un intermédiaire économique, choisie dans le cadre des échanges commerciaux, devrait pouvoir respecter les règles dudit contrat en donnant toutes les informations nécessaires susceptibles de ne pas nuire à son client.

Malheureusement, au lieu  de le faire, CECIC, avec une lettre d’un ADG sans qualité nominatif persona qui ressemble à un vulgaire tract, procède par les menaces et les intimidations. Non pas à l’endroit de son client qui se plaint mais plutôt du journaliste qui s’interroge comme toutes les personnes au fait de cette affaire. De surcroît, sur le parcours de cet argent pendant deux ans et les préjudices que cette rétention  aurait créé à ce jeune entrepreneur, loyal avec les institutions de son pays d’accueil qui s’arrange à payer intégralement tous ses impôts. Une mauvaise démarche pour une entreprise qui déclare être soucieuse de son image. 

Des méthodes qui ne sauraient nous ébranler dans notre rôle d’informer et de dénoncer tous les égarements et les tares de  notre société. Surtout que toute tentative de joindre les responsables du CECIC pour avoir des explications  à ce sujet a été vaine. Affaire à suivre.

Félix EPEE

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